L’insoutenable prophétie du string !

Résumé de l’article : Je vous passe les détails de mon année au Royaume du soutif franchisé… Et les frasques des soubrettes du lieu : le jeu préféré de l’une d’elles était de « faire les vitrines » ( le fameux « display vitrine ») sans culotte. Elle finit par attirer tous les détraqués du quartier si bien que, bientôt, le magasin du se payer le service d’un vigile. Le Royaume du soutif avait désormais son Cerbère…

Ce matin j’ai reçu une demande d’aide qui m’a fendu le cœur en deux (voir en quatre !) Elle venait d’une jeune fille nommée Aurélia. Aurélia y raconte qu’elle travaille dur dans une boutique de prêt-à-porter (malgré la flopée de diplômes qu’elle possède) et qu’elle gagne très peu car elle est en formation professionnelle par alternance. Sa patronne ne l’apprécie guère car c’est son « école » qui l’a placée là, sous ordre du groupe de PAP (Prêt-à-porter) dont la boutique dépend. Aurélia se paye 140 kilomètres par jour pour aller travailler et on ne lui rembourse même pas son essence alors qu’elle gagne moins de 500 € par mois. Son responsable régional lui a tout de même proposé, en grand seigneur, de lui rembourser en partie le train mais voilà la ligne est connue pour être l’une des plus mal fréquentée de France et si elle se rendait au travail par ce moyen de transport elle devrait passer par Paris et elle mettrait donc 2h30 à se rendre à la boutique qui « l’emploie »… Mais Aurélie est courageuse, elle s’accroche, suit sa formation, se « tuyaute » sur la Loi de l’Attraction et a à cœur de se sortir de ce pétrin… Mais voilà, après 8 mois de combats avec sa « boss »  - qui semble la traiter comme une moins que rien – elle est convoquée et on lui apprend qu’à la fin de sa formation elle n’aura pas le poste promis au début (adjointe) et même pas un poste de quatrième ni même de cinquième vendeuse. Pourquoi ? Parce que sa patronne l’a débinée bien comme il me faut à la hiérarchie alors qu’elle-même passe ses heures de travail à papoter avec la responsable du magasin d’à côté, une boutique de vêtements pour enfants… Quand elle adresse encore la parole à Aurélia c’est pour la rabaisser ou l’encourager à démissionner. Aurélia a l’impression d’avoir perdu, gâché 8 mois de sa vie avec une formation qui n’en est pas une, à gagner un faible pourcentage du SMIC alors que si elle était allée travailler dans n’importe qu’elle autre boutique elle aurait au moins perçu un SMIC entier… Elle m’écrit : « Je culpabilise. Je gagne que dal. Tout ça parce qu’on m’a fait miroiter un poste que je n’aurai visiblement jamais ! J’ai perdu ma confiance en moi. Ma boss répète à toutes les vendeuses que je suis nulle en tout. Toute la galerie marchande est au courant de mes soi-disant incompétences. On me regarde comme si j’étais une pauvre fille ! ».

Les vendeuses croyaient qu’Andy Warhol était un tatoueur et Vatican 2 le centre commercial du Vatican !

Aurélia. Tu n’es pas une « tarée » et laisse moi te dire que si te réponds par un quasi pamphlet contre les chaines vestimentaires en tous genres c’est que je suis, moi aussi, passée par là ! N’écarquille pas les yeux, Aurélia (si, si, je te vois). Nous avons tous quelque chose à cacher ;) Eh bien moi je le dis tout haut et sans honte : oui j’ai bouffé du string pendant un an dans un « Temple de la futilité » où les vendeuses croyaient qu’Andy Warhol était un tatoueur du Marais et que Vatican 2 était le centre commercial … du Vatican !

Cette descente aux enfers de la petite culotte débuta (probablement comme la tienne), un beau jour de décembre, par un charmant entretien d’embauche où l’assistante R.H s’extasia sur mon fort potentiel à communiquer (cet article ne fera que confirmer ton jugement de jadis ma cocotte…). Elle était mignonne l’assistante RH avec sa petite robe Zadig, ses petits mocassins blancs et son sac Vuitton. « Oui, moi aussi je suis passée par cette excellente formation pour évoluer » minaudait-elle à qui-mieux-mieux. Bref, le contexte donnait confiance. Puis on m’attribua une boutique… à 50 km de chez moi… ça commence à faire loin pour un boulot payé la moitié du SMIC…

J’arrive dans une belle zone urbaine, de celles si bien conçues dans les années 70 qu’on nomme « cités dortoirs » mais moi je préfère nommer cela : « Bois Dormant » pour rester positive. Donc les quelques « dissidents » du Bois Dormant m’accueillirent avec chaleur et dynamisme : dès mon premier jour de boulot les pneus de ma Clio avaient été crevés… Mais ce n’était « pas si grave » aux yeux de ma nouvelle boss, une petite femme rondouillarde et à priori sympathique qui se prenait pour Louise Brooks… Après tout comme chante Obispo « Ma vie c’est d’être fan… » et puis avoir des mentors est une bonne chose, je l’ai toujours dit ! Il me semble cependant que si elle avait pu se prendre pour Louise Brooks à l’apogée du cinéma muet cela m’aurai davantage convenu… Mais bon, passons… J’avais 21 ans, je venais de terminer un contrat comme assistante de chef de pub et j’avais besoin de bosser très vite pour payer les factures car le salaire de mon petit-copain de l’époque (qui me faisait la grâce absolue de partager un appartement avec lui et de payer le loyer entièrement seule) passait uniquement dans les montres Rolex à crédit, les pulls Quicksilver hors de prix et autres babioles très nécessaires à affirmer sa virilité… inexistante. Tu vois chère Aurélia, j’avais tiré le gros lot deux fois : professionnellement et affectivement. Rien n’est donc désespéré pour toi  qui a un copain charmant !

La Boss me présenta à ses « soubrettes »

Nonchalante et gentiment joueuse (à l’instar d’une bonne chienne fidèle), elle me présenta à ses « soubrettes » (je suis désolée mais je ne vois pas d’autre mot pour qualifier les filles qui entouraient volubilement ce sosie quinquagénaire de Louise Brooks dans ses allées-venues incessantes ( de la caisse aux cabines d’essayage) qui me faisaient penser à quelconque danse dionysiaque totalement futile mais tellement esthétique à l’œil de certains.

Rebecca (tel était son doux prénom, prénom qui évoque encore à mes oreilles la voluptueuse musique… de lanières de fouet !) ne touchait jamais elle-même les petites culottes qu’elle vendait. Elle trouvait cela dégradant pour une dame de sa condition (pensez une responsable de magasin !) C’était donc sa « favorite » qui se voyait confier la délicate tache de « dé-biper » les strings, soutiens-gorges et autres accessoires sans équivoques… Pendant que les plus « laides » de ses servantes étaient entassées à trois dans une cabine pour la noble responsabilité du « dépotage » de sous-vêtements.

Mon arrivée au Royaume du Soutif Franchisé…

Rebecca m’avait dit que je présentais bien et que je serai en contact direct avec la clientèle. Mais voilà : je ne l’avais pas assez remerciée de ne pas me cacher, moi aussi, dans la cabine à dépoter… Elle commença donc à me prendre en grippe. Je vous passe les détails de mon année au Royaume du soutif franchisé… Et les frasques des soubrettes du lieu : le jeu préféré de l’une d’elles était de « faire les vitrines » ( le fameux « display vitrine ») sans culotte. Elle finit par attirer tous les détraqués du quartier si bien que, bientôt, le magasin du se payer le service d’un vigile. Le Royaume du soutif avait désormais son Cerbère mais voilà… toutes les nymphettes du lieu commencèrent à être prises d’un bien étrange mal… Le mal des vierges folles !

Horreur ! La sérénité de ce haut lieu érotico-cheapos était menacée !

Elles arrivaient à l’aube, pouponnées comme des lolitas, se mettaient toutes à parler avec une voix sucrée directement inspirée de la grande déesse de la pop française : Vanessa Paradis, portaient des jupes si courtes que chaque jour qui passait promettait (un peu comme on nous promet la destruction totale de l’Amazonie sous peu) leur disparition totale. Bref, Rebecca avait introduit le Diable au « Paradis du porte-jarretelle » et la futilité qui caractérisait ce haut lieu de l’intelligentsia érotico-cheapos était désormais en voie de disparition…

Ces problèmes majeurs rendirent Rebecca désagréable au possible et, bien que le trouble-fête (qui avait une petite amie et qui avait donc refusé toutes les avances) fut renvoyé « d’où il venait », rien ne redevint jamais comme avant. Nous vivions nos dernières heures d’insouciance au Royaume du String pas cher… Rebecca décréta alors que l’une d’entre nous lui portait malheur. Tu vois Aurélia, j’avais, comme toi, été parachutée là sans la bénédiction de la Reine et bien-sûr je fus toute désignée comme bouc-émissaire…

Lors des émeutes ma boss me poussa aux devant des casseurs en hurlant : « Vas-y toi ! tu n’es qu’un contrat de qualif ! »

Lorsque le royaume du String fut envahi (lors de célèbres émeutes) par les rebelles du Bois Dormant, Rebecca me poussait au devant d’eux en hurlant : « Vas-y toi ! Tu n’es qu’un contrat de qualif après tout ! ». Je rentrais chez moi fatiguée de l’humeur changeante de ma boss et j’organisai The Revenge. Je prenais deux jours de congés maladie pendant lesquels je lisais un incroyable livre : « Ne vous laissez plus faire ! ». Je commençais à penser positif : ma vocation était née ! Je voulais aider tous les persécutés de la création à vaincre les personnalités toxiques et à vaincre les aléas de la vie grâce à la Loi de l’Attraction et à la pensée positive. Je lisais un livre qui donnait une astuce incroyable : pour concrétiser ses rêves il fallait agir comme s’ils s’étaient déjà réalisés !

Dis, tu en veux un panier garni ???

Je décrochais donc mon téléphone et appelais des dizaines de fournisseurs de plein de choses : de cartes de visite, d’imprimés, de fleurs artificielles, de paniers garnis et leur demandai de m’adresser une documentation au magasin, au nom de « Céline Schmink, responsable ». La réaction de Rebecca ne se fit pas attendre quand elle reçut des centaines de courriers affichant le nom de « Céline Schmink, responsable » elle commença à se sentir mal. Elle m’agressa : « Qu’est-ce que c’est que ça ? » Je répondais que je l’ignorais bien… Je lui demandais ce qui la dérangeait tant. C’était plutôt agréable de recevoir des échantillons ! Je lui demandais alors si ce qui la dérangeait était mon nom ou mon titre sur les enveloppes. Elle ne répondit rien. Je plaisantais : « Après tout, s’ils disent que je suis la responsable c’est peut-être un signe ! ».

Le lendemain j’étais convoquée dans l’antre obscure de Rebecca, au fond de la boutique… Elle était douce et gentille. Elle me dit qu’elle avait des dons de voyance et une « prophétie à me livrer ». Je prêtais l’oreille, consciente de ma chance incroyable : « Tu te crois très maline avec tes diplômes. Avoue que tu es venue bosser ici pour nous rabaisser ! Les filles ne t’aiment pas et moi non plus ! Et tu sais quoi ? Je vais faire un rapport pour dire que ton travail est nul ! Si tu es une intello, repars chez les intellos ! Mais je peux te dire ce qui t’attend ma pauvre fille, toi et tes bouquins pompeux de 200 pages. Tu te vois déjà journaliste signant des papiers dans France Soir, sirotant avec les stars ! Eh bien laisse moi te dire que si un jour tu arrives à signer dans un canard, ce sera à la rubrique des chiens écrasés ! ». Je lui répondis : « Vous avez probablement raison ! Autre chose ou la prophétie du string est terminée ?? »

J’étais toute jeune et c’était ma troisième expérience professionnelle. Je téléphonais à mes parents (fans de développement personnel) pour leur raconter l’entrevue. Ils me dirent que je n’avais rien à faire avec une telle folle et qu’on verrait bien dans quelques années si la prophétie du string s’avérait vraie… En attendant ils m’ordonnèrent de rentrer chez moi ou bien d’aller porter plainte pour diffamation contre cette mégère. Je quittais donc mon poste à 13h00 et une heure plus tard Rebecca téléphonait chez moi. Elle tomba sur mon copain de l’époque qui eu – cela était rare mais là ça tombait à point- une lueur de génie. Dès qu’elle commença à parler il fut soulé et comme il était de méchante humeur ce jour il hurla dans le téléphone « Vas te faire f… ! ». Pardonnez -lui ! II ne savait pas qu’il parlait à la Reine du Royaume du String en personne !

Quelques mois plus tard je montais ma première boite. Travailler avec Rebecca et ses soubrettes a été très formateur et cela m’a permis de gérer les clients les plus égotiques et les plus difficiles… J’ai ensuite repris des études (théologie) qui m’ont permis d’analyser des prophéties plus pertinentes que la sienne… Quelques années plus tard, après avoir publié de nombreux livres, je devenais journaliste pour des magazines connus et même pour France Soir d’ailleurs. Je suis désolée de vous dire que, oui, j’ai (lamentablement) cédé à la tentation de siroter avec des stars ;) pire l’un de ces « people » est même devenu mon confident des jours sans ! Quand à Rebecca elle sait maintenant visiblement rire d’elle-même… Savez-vous comment elle se décrit sur sa page facebook ? -à « Rebecca X, travaille au service de Monsieur X, chez X and co : fait la bouffe, sort le chien et accessoirement torche les gosses des autres… ». J’ai vécu heureuse dans mes palais d’or noir et de pierres précieuses…

Tout ça pour te dire, Aurélia, tiens bon ! Le meilleur reste à venir !

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