Harcèlement et brimades scolaires : Mon histoire, je raconte tout !

"Ce que j'ai pu subir ne m'a pas empêchée d'avancer plus tard mais contrairement à d'autres j'ai du me construire dans l'adversité"

 

Aujourd’hui auteur, journaliste et parolière de 38 ans, je témoigne ici du harcèlement, des brimades scolaires et des préjudices que j’ai subis durant mon adolescence. Je fais ceci à visage découvert, sur mon propre blog et je signe mon article. Puisse mon témoignage en inciter d’autres à briser, eux aussi, la Loi du silence!

Aujourd’hui je souhaite vous parler d’un sujet qui me tient à cœur: celui du harcèlement scolaire et des brimades entre élèves. Je ne vais pas m’appesantir ici sur la définition du Harcèlement scolaire mais je voudrais témoigner de ma propre expérience des brimades à l’école. Beaucoup d’entre vous me connaissent comme l’auteur de livres et de guides de développement personnel tous axés sur le positivisme, comme journaliste ou encore comme parolière, mais avant tout, mes écrits d’aujourd’hui sont vraiment la résultante de ce que j’ai vécu hier et de la façon particulière dont je me suis construite.

On se penche souvent sur le pourquoi et le comment des brimades scolaires mais on analyse trop peu leurs conséquences à l’âge adulte. Comment un enfant qui a été scolairement harcelé et brimé se débrouille-t-il ensuite ? De quelles manières et par quels mécanismes fait-il face aux brimades de l’âge adulte (dans la vie familiale, amoureuse, professionnelle, dans mon cas, artistique) ? Le harcèlement scolaire est une lutte aussi extérieure qu’intérieure pour celui qui le subit. Si les temps ont changé, les grands principes, eux, n’ont pas bougé d’un iota: moqueries incessantes, humiliations, attribution de sobriquets, insultes, menaces, déclenchements de rumeurs dévalorisantes, sous-entendus etc. tout cela dans une ferveur collective à la fois malsaine, intrusive et dérangeante sur laquelle beaucoup décident, hélas, de fermer volontairement les yeux.

Le seul tort d’être « La nouvelle arrivée »…

J’ai effectué le début de ma scolarité, sous l’œil bienveillant de mes parents, de mes grands-parents et d’une « nounou » investie, à l’école Louis Pasteur de Neuilly-sur-Marne dans le 93. Aujourd’hui encore, bien que vivant en Champagne, lorsqu’il m’arrive de passer près du groupe scolaire, je ne peux m’empêcher de réprimer des regrets. C’est ici le lieu où j’ai vécu mes seules années de scolarité normale. Comme mon fils, aujourd’hui âgé de 8 ans, j’avais des copines et des copains à saluer le matin, qui m’attendaient impatiemment afin de continuer un jeu d’enfant initié la veille. Nos récrés étaient bien occupées: sous les buissons quasi-dépouillés, nous construisions avec du bois sec et de la laine, des petites balançoires à oiseaux, un monde miniature presque invisible des adultes, un Eden dédié aux moineaux que nous espérions attirer avec des graines et de l’eau fraiche. Un autre temps… Bien qu’une enseignante se soit, une fois, risquée à me « tapoter » comme elle disait, suite à une erreur de collage (geste qui avait rendu mes parents furieux: ils n’avaient pas hésité à débarquer pour proposer à l’enseignante de la « tapoter » à leur tour), ce fut pour moi un temps béni. J’avais 6 ans quand j’entrais à l’école Pasteur mais j’en sortais, hélas, quelques années plus tard, lors de notre déménagement pour Gournay-sur-Marne à quelques kilomètres de là.

Le changement fut radical. Je passais d’une petite école à l’ambiance familiale à une structure plus conséquente, avec un nombre de classes qui me paraissait, avec mes yeux d’enfants, très élevé. Dès le premier jour d’école (mon entrée au CM1 donc), c’est le choc! La Directrice, qui n’est pourtant pas une mauvaise personne, j’aurai l’occasion de le constater des années plus tard, pique sa crise devant les parents d’élèves le jour de la rentrée. Tout semble l’agacer, les instituteurs comme les enfants. Peut-être a-t-elle, face au monde, du mal à se faire entendre, je ne sais… Tout ce dont je me souviens sont les parents qui ironisent gentiment la situation dans leur coin et la tête des nouveaux, comme moi, qui se demandent où ils viennent d’atterrir… Très vite, je me lie d’amitié avec quelques nouvelles, mais nous apprendrons aussi sec, à nos dépends, que nous ne sommes que des pièces rapportées. Les autres enfants de la classe se connaissent depuis 6 ou 7 ans et ne sont pas prêts à laisser « les nouveaux » pénétrer leur cercle…

Une institutrice qui tente de « calmer le jeu »…

Ma nouvelle meilleure copine d’alors, que je nommerai Fanny ici, est plus ambitieuse (et peut-être plus mature) que nous autres. Rapidement elle décide de s’illustrer pour entrer dans « le clan ». A coup de compliments, de services rendus etc. elle parvient à se hisser dans le « Saint des Saints ». Elle m’entraine avec elle dans cette nouvelle aventure mais a besoin d’un faire-valoir. Elle commence à me dénigrer ouvertement devant les autres tout en prétendant « ne pas pouvoir faire autrement ». Je suis alors une petite fille ultra-timide et ultra-sensible. La maîtresse décèle immédiatement chez moi un don pour l’écriture lors d’une séance de rédaction de poésies où tous les autres se débattent à faire coller des pieds avec des pieds, des rimes en AB avec des rimes en AB pendant que je rédige spontanément des vers équilibrés sans savoir expliquer pourquoi ni comment. Tout cela me vient tout seul. La séance de poésie où la maîtresse prend ma défense est mon seul bon souvenir de l’école primaire: « Vous vous moquez sans cesse de Céline qui ne trouve jamais grâce à vos yeux, mais elle, au moins, elle a un don pour l’écriture! Vous n’êtes pas prêts d’arriver à écrire des poésies comme les siennes, alors travaillez un peu au lieu de vous moquer sans raison! » C’est un beau plaidoyer en ma faveur mais cela ne suffira pas! Très vite, je subis les brimades à la cantine. On me vole ma nourriture, on me colle des coups de pied et les rares matins où je ne pleure pas d’angoisse, prenant sur moi, on se débrouille pour me faire mal et pour me faire pleurer quand même. Bref, je suis pour eux une « pleureuse », la pleureuse de service et dès que je ne colle plus à cette image on me le fait payer au prix fort. Je ne sais plus si je confie ma souffrance ou si je me tais. Je m’isole peu à peu. J’écris des histoires dans des cahiers le soir, je dessine…

Une grand-mère qui comprend ma détresse

Ma grand-mère qui perçoit ma souffrance lorsqu’elle vient passer quelques semaines à la maison me rassure: « Ne t’inquiète pas Céline, quand tu seras grande, tu feras bien ce que tu veux! ». Comme je suis nulle en sport (ironie du sort, des années plus tard c’est moi qui donnerait des cours de gym!) je suis toujours la dernière à être choisie lors de la constitution des équipes (en fait, simplement, personne ne veut de moi et c’est jouissif pour mes camarades de le faire savoir concrètement à ce moment là). La prof de sport, sévère, dure, peu féminine, s’acharne sur moi à tous les cours. Elle me hurle dessus. Une fois devant l’institutrice (qui se rebellera et prendra ma défense) elle m’attrape par le bras et me colle deux grands coups de pieds dans le bas du dos: « ça t’apprendra à être aussi nulle! ». Imaginez si un professeur se permettait cela aujourd’hui, en 2014, il passerait probablement aux informations télévisées et récolterait un beau gros procès… Mais à l’époque c’était comme ça… De plus, si l’enfant qui subissait était considéré comme « particulier », qu’on lui avait collé une étiquette d’enfant « sensible », on fermait les yeux… Des années après, j’ai recroisé cette fameuse prof de sport, bronzée à mort, ridée, recroquevillée sur elle-même. Je n’ai pas eu pitié d’elle, ni de ce qu’elle était devenue. Pour moi c’était un juste retour des choses. Sa méchanceté et sa sécheresse intérieure avaient ruiné son physique. Cela me suffisait. Ardoise effacée.

Ce que je souhaite faire comprendre en racontant ceci c’est que tout ce que l’on fait subir à un enfant ou à un adolescent en harcèlement et brimades ressort un jour ou l’autre en force. Mais cette force nouvelle demeure à jamais empreinte de revanche. Ainsi, j’ai toujours beaucoup de mal à m’apitoyer sur le triste sort de mes anciens bourreaux, même si je suis chrétienne et que j’ai tenté de pardonner de mon mieux, je ne peux ignorer que, quelque part, mon enfance et mon insouciance m’ont été volées par un système que l’on ne dénonce que trop peu.

Subir le racisme ordinaire à cause d’un nom de famille alsacien

Parmi les multiples brimades de cette époque, j’ai subi les rumeurs. On a dit que j’étais en fait un garçon, que je n’étais pas française (j’ai beaucoup subi le racisme ordinaire avec mon nom alsacien: SCHMINK), que j’étais suicidaire, que si je mourrais demain cela ne chagrinerait personne. A ce stade je suis en CM2 et j’ai 10 ans. Une classe bleue à la mer, en Bretagne, me fait croire momentanément que tout est rentré dans l’ordre, mais dès notre retour dans le 93, tout le monde reprend ses petites habitudes: toute la journée on se moque de moi sans raison. On se ligue. La différence est celle-ci: je m’empêche de pleurer en compressant fort ma langue sur mon palais et en respirant par le nez… Dans ma tête je me répète: « Tu pleureras en rentrant à la maison, là où personne ne le verra ».

A la maison nous avons des problèmes avec les animaux qui sont devenus mon seul refuge et ma seule façon « d’avoir des amis ». Notre chien Tartuffe est agressif avec les visiteurs et nous devons nous en séparer. A ce moment là j’ai 10 ans et pour la première fois de ma vie, toute une journée, je pense à me tuer et à en finir. Peu de choses me rendent le sourire: comme mes parents travaillent ils m’ont laissé les clés de la maison et j’arrive désormais à rentrer manger toute seule le midi. Je réchauffe ce que ma mère m’a préparé. J’appelle ma grand-mère qui vit à Marseille quand je rentre à midi et que je repars à 13h30 pour lui dire: « Mamie, c’est moi. ça y est je suis rentrée. Mamie, c’est moi, ça y est, là je repars ».

Cette petite autonomie me permet de ne plus manger à la cantine que je considère comme un enfer depuis qu’un gamin a tenté de me planter une fourchette dans les yeux… Lorsque je me souviens de cette journée où j’ai songé à en finir, tout ce qui me revient c’est cette angoisse au ventre: je sais que je vais faire quelque chose de hautement interdit. J’ai prévu de me jeter dans la Marne qui coule tout près, après l’école. Quand je récapitule tout ce que je dois faire après l’école pour mener à bien mon projet je suis prise de maux divers: la sensation d’avoir des papillons dans le ventre puis celle d’avoir les jambes en coton. Toute la journée je tremble. Je n’arrive pas à réprimer les tremblements ni dans mes mains, ni dans mes genoux. Quand sonne 16h00 je suis épuisée physiquement et moralement. J’ai la sensation d’un horrible mal de tête et d’avoir les joues toutes rouges mais lorsque je me regarde dans la glace je constate que je suis livide. Je rentre à la maison, bien incapable de passer à l’acte. J’ai tendance à me réfugier dans la prière mais je constate aussi, au passage, que Dieu ne m’aide pas beaucoup. J’en arrive à me demander pourquoi on m’a mise sur terre si c’était pour subir toute cette cruauté. Mes parents bossent à Paris, ils sont débordés.

Le refus de la vengeance mais la carrière comme faire-valoir

Mon arrivée au collège est plus gaie, heureusement. Je me fais une bonne copine avec qui je ferai les 400 coups beaucoup plus tard (je la retrouverai vers mes 20 ans et ensemble nous ferons les folles à la boite La Plage de Gournay, de bons souvenirs…). En fait c’est une « paria » comme moi mais une paria « qui le vit très bien ». Ayant perdu son père très jeune, elle a cette capacité à se foutre totalement de ce que disent les autres ou de ce que lui font subir les autres. Elle a vu pire. Enfin, c’est ce que je crois. Je suppose que, comme moi, peut-être, elle garde les larmes pour la maison…

Le temps passe. Les brimades on s’y fait. Dans un carnet je les note une à une, ainsi que les noms et prénoms de ceux qui me les ont fait subir pour leur « renvoyer l’ascenseur plus tard ». Heureusement je ne passerai jamais à l’acte. Les circonstances de ma vie l’ont fait pour moi! Je n’ai pas eu besoin de me venger. Mon acharnement à mener à bien mon travail artistique l’a fait pour moi. Ainsi j’ai pu voir de mes propres yeux l’une des filles qui me persécutaient fondre en larmes lorsque son petit ami de l’époque s’est mis à vanter mon premier bouquin: c’était trop pour elle, de voir « la pauvre fille » présenter un travail mené à bien, concrétisé, imprimé etc. C’est ce type de vengeance que je me suis mise à apprécier. Une vengeance sans violence où le temps est à l’œuvre pour vous.

De nombreuses fois par la suite et encore aujourd’hui il m’arrive de croiser certains de ceux qui me persécutaient. La réaction est toujours la même: « C’est fou, je t’ai entendue à la radio l’autre fois et je me suis dit: bah ça alors! On aurait jamais cru qu’elle en arriverait là! » Ce qui est étrange c’est que tout le monde se souvient de ce qu’on m’a fait subir pendant mes années primaire puis mes années lycée (je vais y venir) mais on fait « comme si » cela n’avait pas existé (surtout quand on a besoin d’une place pour un concert, ou d’un pass de presse…) Je dois quand même dire que certains se sont amplement excusés (j’y reviendrai).

Bref, j’ai refusé la vengeance mais si j’ai gardé mon nom de famille pour toutes mes réalisations artistiques, qu’il s’agisse des livres ou des chansons, c’est aussi pour qu’on sache que « oui, c’est bien moi! I’m what I’m! « . En somme, j’ai compté sur mon travail artistique (et Dieu sait si j’y mets de l’énergie!) pour remettre les bourreaux d’hier à leur place. C’est présomptueux mais le harcèlement et les brimades scolaires subies m’ont forcée à l’être. Aujourd’hui je ne fais jamais rien aussi à fond que lorsque cela dérange quelqu’un de mon entourage! J’ai appris à me laisser challengée par les critiques gratuites, les méchancetés et tous ceux qui voudraient me voir baisser les bras. Quand il m’arrive encore de « subir » les assauts des autres (cela nous arrive à tous même à l’âge adulte: au travail, dans la famille, face à des amis jaloux etc.), au lieu de me dire « Ma cocotte, toi je te réserve un chien de ma chienne! », je me questionne: « Laquelle de mes créations une fois aboutie l’enquiquinera le plus? ». J’ai inversé le problème depuis des années face aux défaitistes et autres critiqueurs notoires : je me demande toujours dans quoi je vais exceller plutôt que de répondre par une petite vengeance. Le harcélement et les brimades scolaires de l’enfance et de l’adolescence m’ont vaccinée à jamais et désormais quand je me retrouve dans une situation similaire je sur-réagis! J’ai décidé de le faire dans une posture créative qui soit positive pour moi et mon travail personnel. C’est un choix.

Passage obligatoire par la case « Lycée » …

Les adolescents persécutés sont souvent les nouveaux, ceux qui débarquent dans un nouvel établissement et qui, dès le début, peinent à se faire respecter. Cela est souvent le lot des personnes sensibles et un peu « artiste » sur les bords. Lorsque je raconte ma vie à des amis musiciens, je suis souvent soufflée de voir qu’ils ont vécu à peu près la même chose que moi. Lorsqu’on est harcelé et que l’on subit des brimades scolaires on a souvent tendance à se refugier dans certains  » exutoires » comme l’écriture, le dessin, la musique. C’est mon amour pour Robert Smith, Chris Isaak (que j’ai eu la chance de rencontrer plus tard) ou encore Billy Idol qui m’a permis de « tenir bon » ma première année de lycée. Les premiers jours ne s’étaient pas mal passés en eux-mêmes. Rapidement je me suis fait une bonne copine, nommons la Anastasia. Même si le lycée privé sous contrat de Noisy-le-Grand que mes parents avaient choisi pour moi était, à l’époque, rempli de jeunes plutôt bourgeois (un monde qui m’était plutôt inconnu je dois dire), j’avais à peu près mes chances pour m’y intégrer. Mais rapidement on commença à me mettre à l’écart car j’étais un peu « morne » par rapport aux autres. J’ai toujours été sérieuse et vu mes antécédents avec l’école, je dois avouer que je m’étais fixée une règle: venir, prendre des notes et repartir.

Anastasia était nouvelle comme moi mais comme elle était rapidement sorti avec un garçon « populaire », elle avait donc été intégrée d’office à la classe. Dans les premières semaines nous sortions souvent ensemble le week-end, nous collaborions sur des devoirs et dossiers etc. Bref tout roulait. Mais très vite on a commencé à me reprocher mon manque de féminité (à l’époque j’étais un peu garçon manqué et je n’attachais pas trop d’importance au maquillage et aux artifices, je croyais dur comme fer que je pouvais être aimée exactement comme j’étais, une belle utopie…)

Anastasia a tout d’abord eu un regard de compassion mais peu à peu elle a suivi les autres et est devenue parmi les pires. Celle qui avait été mon amie ne s’est jamais cachée de rire quand on me balançait des craies dessus par exemple. Son comportement ne lui a pas porté bonheur. Elle a totalement gâché sa vie par la suite avec des hommes qui la trompait à tour de bras et sa vie amoureuse tumultueuse l’a empêché de réussir ses études…

On me reprochait d’être timide, de parler peu, de ne pas prendre position dans les querelles des uns, des autres (là aussi les « clans » régnaient). Bref j’essayais de me libérer un peu et de parler de moi puisque c’était de cela qu’il s’agissait visiblement… Mais là, drame, j’eus la mauvaise idée de parler de mes vacances aux USA… Je fus immédiatement taxée de menteuse, de mythomane etc. Les sous-entendus durèrent environ trois mois (octobre, novembre, décembre) et les violences verbales et physiques commencèrent à la rentrée de janvier. On m’attaquait désormais ouvertement sur mon physique, mon caractère, ma mentalité, ma sexualité (rumeurs d’homosexualité). Puis on s’en prit à moi parce que j’étais plutôt douée en anglais (je ne méritais pas mes bonnes notes, quand on part aux USA l’été c’est normal de bien parler etc.)

Heureusement la copine « paria » de collège étant inscrite dans le même lycée, nous nous croisions de temps à autre, le temps qu’elle me réconforte. Puis vers le mois de février tout se mit à empirer. On se moquait ouvertement de moi et on me disait « Mais ta gueule! » lorsqu’un prof me questionnait sur le cours et que je répondais (d’ailleurs ils furent peu nombreux à arriver à faire cesser le tumulte dans ces cas-là), on me posait des « saloperies » sur ma chaise (tampons hygiéniques usagés, boue, craies écrasées et j’en passe). Ce qui me paraissait juste hallucinant c’est que je ne savais absolument pas pourquoi on s’acharnait sur moi. Lorsque je croisais des gens de ma classe au supermarché du coin ou ailleurs, ça pouffait de rire à qui mieux-mieux, lorsque je prenais le bus et que j’avais le malheur de croiser plus d’une personne que je connaissais, ça repartait de plus belle… Il fallut que je décide de ne plus aller au lycée pour que les professeurs s’interrogent.

Je rencontrais avec mes parents, excédés, le Directeur. Je m’absentais 2 jours pour dépression et une fois revenue, allez savoir ce qui avait été dit ou fait parmi les élèves mais tout était terminé « officiellement ». Je suppose que durant mon absence la prof principale avait du mettre les points sur les « i » à ces « petits cons » à mon sujet, plaidant, peut-être, que si j’en arrivais à vraiment me suicider ils seraient tous bien embêtés… Je devais continuer ma scolarité « sans savoir » puisque la persécution que j’avais subi, les craies envoyées en pleine figure etc. il ne fallait plus ni les évoquer, ni même en parler… Telles sont les lois impénétrables du système scolaire français…

Une bimbo pour me guider..

Durant l’été je fis la connaissance, en camp, de Mathilde, une bombe sexuelle: grande, blonde aux yeux bleus, rieuse, manipulatrice avec les garçons… Je lui raconte mes malheurs et elle me prend en amitié: « On va te relooker, Céline! Toi tu es une artiste c’est pour ça qu’ils te font l’enfer. Ils sont jaloux! Tu leur renvois l’image de ce qu’ils ne seront jamais et ça leur met la rage! Suis mes conseils, à la rentrée ils chialeront tous à tes pieds ». Je crois très moyennement ce que me promet Mathilde, mais vu où j’en suis (le moral au plus bas, les idées noires depuis un an…), je la laisse me prendre en main.

Il s’avère que Mathilde est adorable avec moi. J’ai 16 ans et elle m’explique le soir, dans la toile de tente plantée au milieu de nul part, comment me coiffer, m’habiller, me maquiller. Bref c’est le défilé de mode au camping et cette légèreté qu’elle me fait expérimenter me met carrément du baume au cœur. Jusqu’ici j’avais toujours ignoré que de telles futilités féminines pouvaient faire tant de bien à l’âme!

Je passe un mois à rigoler avec elle à l’étranger et quand je reviens je suis plus positive que jamais. La « paria » garçon manqué s’est changé en midinette blonde, cheveux jusqu’à la taille, body pigeonnant, maquillage à la Cindy Crawford… Quand je pénètre dans le lycée pour mon année de première, au début on ne me reconnait pas (il faut dire que j’ai décoloré mes cheveux en blond). Très vite des garçons m’invitent à sortir le week-end. Mais par pure vengeance je dis « Non » ou je réponds « Tu me prends pour une cruche ? Je me souviens très bien tout ce que toi et tes potes vous m’avez fait subir l’an passé ». Il y a des affrontements c’est vrai mais ils ont prit une toute autre dimension. Je ne suis plus la demandeuse. J’ai repris la main sur ma vie.

J’ai réalisé que je pouvais faire ce que je voulais et que mes décisions pouvaient en peiner certains. D’un seul coup j’ai réalisé que moi aussi je pouvais faire souffrir les gens, particulièrement les garçons, et particulièrement ceux qui m’avaient fait souffrir en me brimant l’année précédente. La vie est mal faite: c’est en devenant une véritable peste que j’ai commencé à être appréciée! Mon année de première se déroula sans trop d’encombres. Cette sérénité fit que je pus me remettre à écrire et à composer des chansons. J’avais retrouvé une part de moi-même que j’avais laissée sur le chemin face à la douleur ressentie lorsque j’étais assaillie de toutes parts par la méchanceté des autres…

Fin des persécutions

A la fin de l’année scolaire je fis la connaissance de celui que je nommerai ici James. Un garçon décalé, hors circuit scolaire, sur qui j’avais eu un gros coup de cœur dans le bus. Très vite nous devenions inséparables. Il venait me chercher au lycée et comme il n’avait pas l’air très commode (quand on ne le connaissait pas), cela passa l’envie à certains d’y revenir. Les persécutions étaient terminées à jamais. Maintenant si on tentait de s’en prendre à moi il faudrait en découdre avec James, ce qui était plutôt dissuasif !

Le pire dans le type de harcèlement scolaire que j’ai vécu c’est qu’il développe l’envie de vengeance d’une façon presque incontrôlable. Chat échaudé craint l’eau froide… On peut ne plus se reconnaître après cela! Pour exemple: Lorsque mon  »amie » Anastasia s’est retournée contre moi et a prit part, elle aussi, aux persécutions à mon égard, je lui en ai énormément voulu à l’époque. J’étais jeune il faut dire, je n’avais pas le recul nécessaire sur sa propre situation (une fille en vrai couple à 15 ans devant assumer tout ce qui va avec si jeune!). Deux ans plus tard, l’année du bac donc, lorsque j’ai reçu un mot de son petit ami qui avait toujours eu des vues sur moi (et sur d’autres je n’étais pas une exception!) pour me donner un rendez-vous, je m’y suis rendue sans me poser de questions. Nous nous sommes retrouvés près du centre commercial se trouvant dans le quartier du lycée pour une séance de cinéma « torride ». Je me fichais totalement du garçon dont j’ai oublié le nom. Quelque part tout ce que je souhaitais, au fond de moi, était qu’elle paye pour sa « trahison ». Heureusement j’ai pu y voir clair et j’ai mis fin au rendez-vous « romantique » qui se déroulait derrière son dos avant de commettre l’irréparable, songeant: « Tu ne peux pas devenir, toi aussi, un bourreau! Ce n’est pas comme cela que tu oublieras ce qu’on t’a fait subir! ».

J’ai même fini par devenir amie avec certains de ceux qui m’avaient persécutée. Certains étaient même présents au lancement de mon tout premier disque, c’est dire si j’ai surpassé la chose…

Les conséquences de ce harcèlement scolaire et de ces brimades…

Ce témoignage est très long, comme la plupart de mes écrits. Ce que j’aimerais dire c’est que le harcèlement et les brimades scolaires que j’ai subis ont véritablement porté atteinte à ce que je serais devenue si… Ce que je veux dire par là c’est qu’à un moment donné, elles n’ont pas fait de moi quelqu’un de meilleur, bien au contraire. Je me suis construite dans la compétition et dans l’envie constante et pérenne « d’en mettre plein la vue  » à tous ceux qui m’avaient profondément blessée à cette époque. En même temps, ces brimades ne m’ont pas empêchée par la suite de m’accomplir: j’ai voyagé, écrit pour des magazines, chanté, dansé, j’ai même fondé mon propre système gestuel pour aider les artistes à affirmer leur présence.

Après le lycée j’ai vécu quelques années en or où j’ai visité la Grèce, rencontré des artistes et des gens merveilleux. J’ai voyagé aux USA encore. Mais il convient de ne jamais sous-évaluer les conséquences du harcèlement et des brimades qui se produisent en milieu scolaire. Tout le monde n’est pas aussi fort que je l’ai été, tout le monde n’est pas capable de se laisser challenger par l’adversité! Et encore moins à l’enfance ! Si aujourd’hui je découvrais que mon fils vit ce que j’ai vécu je le sortirais du système scolaire que je trouve, de toutes façons, mal conçu en France. On ne risque pas la vie d’un enfant ou d’un adolescent pour « coller au conventionnel »!

Merci à toi « Christian » …

Pour conclure mon témoignage, je souhaite parler d’une personne que je porte particulièrement dans mon cœur. Il s’agissait d’un garçon, le seul sur une classe de 30 à n’avoir jamais prit part à ces brimades. Nommons le Christian. Christian était plus mature que les autres. Il regardait ce qu’il se passait autour de lui avec détachement. Il ne souriait pas, il ne râlait pas, il ne prenait pas non plus ma défense. Il se contentait « d’intégrer » la situation. Christian était un garçon discret, généreux et intègre. Mon mari est comme lui: il n’aime pas se mettre en avant et la seule droiture dont il fait preuve chaque jour suffit à l’admirer. Des années après tout cela, alors que j’étais invitée chez des amis de fac, voici que je tombe sur Christian. Pas de bol, mon « ex » est présent aussi. Comme je suis assez rancunière je passe la soirée à danser avec Christian au début pour « enquiquiner l’autre » puis réellement nous nous prenons au jeu, à discuter, à danser ensemble et à nous prêter à des confidences variées. Christian va alors prononcer des mots qui changeront à la fois ma vie, l’image que je m’en fais et mon comportement. Il dira juste: « Tu es incroyable Céline! Tu danses avec moi depuis des heures simplement pour agacer ton ex. Je me souviens de tout ce que tu as subi au lycée. On t’a fait l’enfer sur terre et tu t’en es sortie. Tu es une fille adorable, sympa et tout le monde t’apprécie. Mais ton souci tu vois, c’est que tu ne baisses jamais les armes. Nous, nous les avons déposées il y a des années. Mais toi tu n’en auras jamais fini avec nous! Combien de temps vas-tu encore nous punir ? J’ai peur qu’à force de vouloir te venger de ce qu’on t’a infligé tu passes à côté du bonheur et que tu ne rates ta vie. C’est comme pour les hommes, tu es incapable de voir les gentils qui s’intéressent à toi, tu recherches toujours le Mec qui en jette! « . Les mots de Christian ont longtemps résonné en moi, comme un électro choc… Il n’est plus là pour en parler hélas. RIP. Je voulais tout de même qu’il sache que ses mots n’ont pas été vains. Le pardon m’a permis d’arriver à bout du processus de revanche qui suit tout harcèlement moral. Je souhaite à tous ceux qui « subissent » aujourd’hui, de croiser leur Christian et de connaître un parcours aussi salvateur que le mien a pu l’être par la suite.

Céline Schmink

 

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11 réponses à Harcèlement et brimades scolaires : Mon histoire, je raconte tout !

  1. [...] interactivité et bien plus encore … Mon article d’hier a suscité une grande vague de solidarité. Pour ceux qui ne l’ont pas lu (vu la longueur [...]

  2. Agnes dit :

    Vous avez de la chance de vous en être sortie. Moi je n’y suis pas arrivée

    • chercheursdebonheur dit :

      Oui on peut voir les choses comme cela mais je ne crois pas qu’il y ait de chance. Juste le désir d’effectuer un travail sur soi et d’accepter que cette période de notre vie fasse partie intégrante de nous. Je suis actuellement la somme de tout ce que j’ai vécu par le passé (en bien, en mal). Il faut s’attacher à faire « avec ce que l’on a » plutôt que de regretter. Regretter revient à désirer un passé qu’on ne nous a pas accordé et tout ce que l’on désire à tort finit par nous posséder. « Faire avec » est vraiment la clé.

  3. Al dit :

    Quel courage, quelle volonté et un grand merci pour ce partage un veritable encouragement pour rebondir, dans un domaine qui soit le sien, là ou « ils » ne pourront pas m’atteindre ; c’est comme ça que je vois aujourd’hui, les choses, car il faut bien que je « vive » un jour,

    Je comprends aussi qu’exceller dans un domaine permet d’évacuer progressivement ce qui a ete accumulé
    Je suis tres touchée par ce partage d’experience, et le fait de pouvoir s’exprimer sous son propre nom ; je n’ai pas encore reussi… et étonnant, meme au niveau professionnel, on m’a incité récemment, a prendre un pseudo…. pour signer des articles Fou ! Comme si ça me poursuivait !
    Non c’est juste que je ne suis pas moi, véritablement « sortie de ma cachette » (ma famille.. qui aurait du etre un support, a été la 1ere à me denigrer, ça laisse des traces, il aura fallu le deces de mes parents pour que ces attitudes soient « visibles et faites ouvertement », avant il y avait tellement de sourires et … que j’ai toujours douté et qu’on m’a fait douter)
    maintenant je suis convaincue qu’il est vraiment possible d’en sortir et de vivre « pleinement vraiment et enfin » Quelque soit l’age, Tant que je suis en vie, tout est toujours possible !
    Merci ce site est vraiment confrontant et source de possibilités

  4. magali dit :

    Moi, à 36 ans, je me rend compte que je ne m’en suis jamais totalement remise car en plus des élèves, il y avait ma prof principale qui s’y mettait.

    J’avais 12 ans, c’etait un petit collège paumé dans un bled. Les élèves ? La plupart étaient filles et fils de fermier.
    Mon tort ? Avoir été à l’époque dans la misère…

    Enfin bref, je suis loin géographiquement de tout ça, je vis au soleil et via Facebook je vois certains de mes anciens bourreaux qui n’ont jamais quitté leur trou et ont mal vieilli.

    Tiens, chose curieuse … J’ai fait les beaux arts et je suis devenue graphiste ^^

    • chercheursdebonheur dit :

      Bonsoir Magali, merci pour votre message. Oui moi aussi je vois mes anciens bourreaux sur Facebook et réseaux, certains m’ont demandé pardon et sont même dans mes amis. D’autres retrouvés par hasard sont finalement très peu épanouis dans la vie. Vous aviez probablement quelque chose qu’eux n’avaient pas, même si vous étiez dans la misère. Peut-être le don de voir plus loin que le champs d’en face ou ce don artistique. La plupart du temps, on ne harcèle que par jalousie et projection de ce que l’on ne sera jamais. Je vous souhaite bonne continuation sous le soleil. Prenez soin de vous et de votre bonheur au quotidien. Céline.

  5. fleur de sel dit :

    malheureusement il y a beaucoup de situation identique a la primaire la fontaine de Neuilly sur marne des tas d enfants se font  » TABASSER  » pour rien pour le plaisir dans la cour de l ecole et personne ne voit rien je dirais plutôt que les enseignants occultent volontairement de peur de voir les grands freres venir faire leurs lois et se venger sur eux (les enseignants) et je remarque que se sont toujours les memes qui frappent qui montent sur les tables pendant les cours (oui oui) peut etre que mon message aura des répercutions c est a dire des commentaires quand vous rentrez en contact avec l academie de creteil =reponse du recteur= l eleve reintegre l ecole c est un cas social alors ou se plaindre??

    • chercheursdebonheur dit :

      A notre époque beaucoup de parents sont totalement démissionnaires. Quand on inculque à son enfant – dès le plus jeune âge – la valeur de la Vie, qu’on évoque avec lui la mort, le deuil, la disparition et la possibilité qu’un enfant puisse se suicider à cause du harcèlement, normalement on a fait son travail de parents! On a tenu son rôle ! Hélas, si les parents qui adoptent (c’est un exemple) sont très sévèrement triés, on ne peut empêcher des couples totalement dépravés de faire des enfants et de sécher sur leur éducation. Dans les années 80 c’était un peu différent. Mais la bonne éducation et une certaine sévérité des parents n’empêchait nullement le harcèlement à l’école. Les professeurs fermaient les yeux car pour eux c’était aussi ça « l’école de la vie »… Récemment, à Villeneuve-sur-Lot, un type est rentré dans ma voiture alors qu’il avait au moins 15 mètres pour faire son créneau. Lorsque je me suis permise de sortir pour regarder si la voiture n’avait rien, il m’a insultée et je lui ai répondu que j’étais libre de regarder ma voiture si j’en avais envie. Il m’a répondu: « Eh bien si vous faisiez cela devant mes enfants, ils vous casseraient la gueule, idiote! » Quand on entend ce genre de propos, ça veut tout dire! On imagine aisément l’éducation que cet homme a donné à sa progéniture ! Certains parents trop permissifs encouragent le genre de comportements dont vous parlez. Alors quelle est la solution ? Mettre son enfant dans le privé ? Les établissements privés n’empêchent pas le harcèlement scolaire, c’est justement dans un lycée privé sous contrat que j’ai vécu, moralement, mes pires années! Il nous reste le CNED, possibilité à laquelle je réfléchis pour mon enfant (quand « j’admire » la fréquentation de certains lycées). Mais est-ce aider l’éducation nationale que de pallier par nous-mêmes à tous ses manquements ? Personnellement je vois, dans le milieu artistique, beaucoup d’enseignants qui se vantent d’avoir deux ou trois autres activités rentables à côté… Ils effectuent ce métier pour la sécurité de l’emploi, les vacances scolaires et le statut de fonctionnaire mais ont totalement la tête ailleurs, gérant, à côté, des « maisons de production », des autoentreprises de stylisme, de musique et j’en passe… Lorsque l’Enseignant fonctionnaire n’aura plus la possibilité d’effectuer un second boulot peut-être qu’il sera enfin à même de se consacrer entièrement à sa tache, déjà assez lourde qui est l’éducation des enfants dans un cadre scolaire. C’est mon humble avis et ça n’engage que moi.

      • fleur de sel dit :

        Comme je vous comprends bien-sûr, je n’incrimine pas les enseignants même si……………….. Parfois mais la population en seine saint denis madame est certainement différente de villeneuve sur lot meme si cela n exclut pas la violence et la peur que peuvent avoir les enseignants sur la riposte GRANDS FRERES DES COUSINS DES COPAINS ET J EN PASSE pour donner un exemple une élevé ce fait agressee (‘veridique) branle bas de combat avec les enseignants et le directeur oui mais voila c est la fille d une enseignante le gamin attrapé par le directeur la mere est attendue si cela avait été un SIMPLE ELEVE il ne se serait rien passe voila la difference j ai meme entendue une maman dire au directeur qu il ne faisait pas bon dans son ecole d etre blond aux yeux bleu et c est malheureusement la verite

  6. Marion dit :

    Merci.
    Merci de mettre des mots sur ce que j’ai vécu.

  7. [...] suite à mon article (qui date pourtant de 2014 et relate une histoire de plus de 20 ans) : Harcèlement et brimades scolaires, mon histoire, je raconte tout. Je comptais m’exprimer suite à la demande de deux d’entre eux, à la radio, mais je me [...]

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