De l’apologie du cahier intime … ou pas !

Beaucoup de personnes se lancent, face à un mal-être ou à ce qu’elles estiment être un « manque de bonheur », dans une psychothérapie longue et coûteuse. Les résultats ne sont pas forcément tangibles et il peut être difficile de s’écouter parler chez un parfait inconnu… Dans ma carrière de journaliste et d’auteur j’ai rencontré de nombreux artistes. Beaucoup s’adonnaient à l’écriture de « cahiers » ou de « carnets » plus ou moins intimes. Ce mois-ci, mon livre « Cahiers : écrits de jeunesse » vient d’être réédité. L’occasion pour moi de faire l’apologie de l’écriture comme thérapie.

 J’écris depuis mon plus jeune âge. L’écriture est pour moi un souffle de vie régénérateur, salvateur et consolateur dont je ne pourrais me passer! Et je ne parle pas ici de l’écriture que j’effectue à but professionnel… Je parle bien du carnet intime… également apte à être publié et lu, dans certaines circonstances…

La tenue d’un cahier présente de nombreux avantages. C’est :

 Une base idéale à l’introspection et à l’évolution

Tout d’abord, c’est un moyen de consigner ses souvenirs et donc une base idéale à l’introspection. J’aime beaucoup relire ce que j’ai rédigé des années plus tôt. Cela me permet de voir à quel point j’ai progressé sur moi-même et comment a évolué mon « lien social » aux autres…

 Un outil de lâcher-prise

Ensuite, c’est un bon moyen de lâcher-prise ou de décharger l’énergie négative que l’on accumule au fil des jours, parfois inconsciemment, sans blesser autrui. Il est facile d’écrire ce que l’on n’osera jamais dire ou révéler en face… En cela l’écriture est une grande libératrice de l’âme…

Un pouvoir de création et de restitution de la vérité

Écrire, c’est également créer. Écrire, c’est faire vivre et faire exister. L’écriture peut réparer ce qui semble irréparable. Les secrets de famille, pour exemple, peuvent être combattus par le biais de l’écriture… L’écriture qui demeure au-delà de la mort peut restituer des vérités, abolir des non dits. C’est l’expérience que j’ai pu en faire lors de l’enquête qui a mené à la rédaction de mon livre « Le Symbole de l’Empire »…

Un miroir

L’écrit permet de mettre sur le papier nos émotions et nos pensées, de dire nos déceptions, parfois… Le journal comme le carnet intime joue le rôle d’un miroir, miroir qui répond à nos interrogations personnelles. Le roman ou la nouvelle permet à celui qui les rédige d’expérimenter un autre Soi… Je est un Autre… Et de ne pas rester sur la frustration d’une vie rêvée mais jamais atteinte… Lorsque je termine l’écriture d’un roman, je mets plusieurs semaines à sortir du rôle que m’a peu à peu imposé le personnage principal… J’en sors reconstruite et moi-même, aussi étrange que cela puisse paraître! L’écriture d’un livre me laisse vidée. La mise en page et les nombreux emails échangés avec ma correctrice attitrée, avec qui je travaille depuis des années et qui doit connaître mes écrits comme personne, finissent par me sortir par les yeux… Cent fois je demande alors à mon mari de me faire promettre de ne plus me lancer dans la publication d’un nouveau livre avant de nombreuses années… Bien-sûr, il rigole doucement… Il sait que le répit littéraire ne dure jamais plus de deux mois chez moi…

Pour conclure cet article, quelques extraits choisis de mon livre « Cahiers, écrits de jeunesse 1991-1996 » rédigé entre 16 et 21 ans, sur les routes de France, de Grèce et d’Amérique … Si vous lisez régulièrement ce blog, vous constaterez combien mon style varie ici :

Mandras, personnage intriguant rencontré un soir de solitude. Un soir d’espoir enseveli, la Lune à son manège croissant, non loin des falaises abruptes de Kalymnos. Dans les méandres de mon esprit… Telle une esquisse de Friedrich… Un jeune homme grand et svelte… Un foulard à son cou…

***

Les cheveux d’un noir précis, à faire pâlir de jalousie l’encre chinoise, les yeux d’un vert surprenant, le teint hâlé des prolétaires grecs…

 ***

La voix douce et irrégulière. L’anglais « saboté » par un accent quasi-oriental. Tout de blanc vêtu, tel un fantôme irradiant dans les profondeurs de la pesante nuit kalymniote…

 ***

Chaque paysage de Kalymnos, chaque crique azur inexplorée, chaque banc de sable surexposé, me semblait rêvé mille fois déjà. Je me sentais sortie de la terre mêlée rouge de Kalymnos. Modelée et parachevée de sa substance friable. L’île mystique de Patmos, cette somptueuse Jérusalem de l’intense Egée que j’apercevais, au loin, me semblait familière.

***

Le jour éclaira Telendos. Les premiers caïques colorés et ronronnants recommençaient leur spectacle, tout prés de la jetée… Paissant lentement et colombant les eaux de leurs proues déchiqueteuses d’écumes…

 ***

J’étais une experte de l’amour en mode « Amoco Cadiz »… J’avais en quelque sorte acheté une belle voiture accidentée. J’avais été éblouie par le polish mais j’avais omis de jeter un coup œil au moteur… Cadillac, black Cadillac quand tu nous tiens !

***

J’ai vu passé les anges de la miséricorde rue du Faubourg du Temple, qui clapotaient en bottes de caoutchouc, dans des flaques grandes comme des timbres de collection… Opaque époque qui pique quand les « packs » en tout genre ne pointaient pas encore leur nez mais leurs pattes ! Pff… Les « hommes » m’ont rendue folle ! Interdit de dire « Celle-ci prend de la cocaïne ! »… Je plane naturellement. Donc j’ai vu passer les anges de la miséricorde mais ils n’ont pas marqué l’arrêt à ma station de métro.

***

Dans les méandres de mes souvenirs, tous étaient bons à pioncer dans des piaules à rats. Vagabonds sans conscience ! Vagues à bonds…

***

C’était notre nouvel univers ! Il faut vraiment être atteint pour développer son ego de la sorte ! Nijinski avait ses cocottes, nous, nous avions l’EGO GOTH ! Ce qui n’est pas si MÂLE !

Pour aller plus loin :

« Cahiers, écrits de jeunesse 1991-1996″

 

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Une réponse à De l’apologie du cahier intime … ou pas !

  1. Etincelle dit :

    Bonjour

    Adolescente, puis jeune fille., j’ai tenu de nombreux journaux intimes…Pas sûre qu’aujourd’hui je suis dans le même état d’esprit si je les relis, (il sont quelque part dans le grenier chez mes parents) mais sûrement je pourrais y relire mes rêves et émotions de jeunes filles et me rendre compte certainement que je ne les ai pas encore réalisé mes rêves…
    Adulte aujourd’hui je continue à écrire lorsque les émotions sont trop lourdes à porter surtout dans le domaine affectif, mais beaucoup moins régulièrement que plus jeune.
    Dans une situation dans laquelle je pense me plaire, je réalise après relecture que c’était juste de la complaisance.
    L’ écrit permet réellement de mettre en reflet la réalité.

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