Mes « boss » s’entretuent, ma hiérarchie s’étripe et moi, et moi, et moi ???

Eh bien vous il va vous falloir réagir !! Lisez ce qui suit :
Comment faut-il se comporter lorsqu’on est confronté à des points de vue opposés entre échelons hiérarchiques ? Il est une situation répandue dans le monde du travail : l’opposition entre deux échelons hiérarchiques. 

 

Vous, simple employé, êtes pris entre deux managers. Peut-être vous donnent-ils des ordres différents ou opposés, l’ordre de l’un annulant celui de l’autre et vice-versa. Dans cette situation, méfiance ! Il serait tentant d’en référer directement au supérieur hiérarchique de ces deux managers pour résoudre le problème. La conséquence pourrait être qu’ils « fraternisent » à vos dépends et qu’ils reportent leurs fautes ou la cause de leur mésentente directement sur vous… Dans cette situation il convient de toujours garder à l’esprit que ce n’est pas à vous de « réconcilier » vos deux supérieurs hiérarchiques. La médiation ne fait pas partie de votre « fiche de poste ». Votre but sera de vous rendre cette situation plus confortable.

Comment ?

1) La technique de la pensée positive

Prises séparément, ces deux personnes doivent avoir de bons côtés ! Soyez certain que vous pouvez apprendre d’elles. Utilisez votre sens de la psychologie. Vous pouvez essayer de recueillir le positif d’une situation conflictuelle même si elle s’envenime. Commencez par modéliser la façon de travailler et d’agir de vos deux managers. Faites-vous une fiche. En cas de furieuse envie d’exploser, vous aurez un « pense-bête » qui vous indiquera comment vous conduire avec eux. Le but de ce mémo est de vous permettre de réfléchir avant de sortir de vos gonds.

Concrètement :

2 colonnes : Une pour le manager A, l’autre pour le manager B, avec des sous-rubriques.

Exemple :

Manager A :
- réagit toujours de telle manière (énervement, calme, silence etc.)
- veut m’amener à … (haïr l’autre collaborateur, le faire démissionner, accumuler des preuves contre lui, etc.)
- son idée : il veut que je traite tel sujet, tel projet sous tel angle…
- ma stratégie : (à définir éventuellement avec un supérieur qui sait le gérer)
Avec lui je ne dis rien, je me contente de prendre des notes, je ne prends jamais position, je suis neutre, etc. ou avec lui je peux parler franchement, j’exprime ce que je pense etc.

Je fais de même avec le chef B.

2) La technique de la mise à plat

Je peux aussi demander à les voir ensemble et formuler clairement ma question: « comment dois-je travailler sur ce projet car visiblement vos avis et vos méthodes ne sont pas compatibles! »

Il est important dans ce type de conflit de revenir au travail et à l’accomplissement du travail, sans s’appesantir sur le problème relationnel. Je note tout ce qui est dit pour montrer que je suis disposé à m’investir, que je suis quelqu’un de pragmatique qui ne s’encombre pas des petites histoires internes. J’accroche cette feuille, bien visiblement, au dessus de mon bureau. Je montre ainsi que je mettrai en pratique ce qu’on m’a conseillé pour que le travail puisse être réalisé au mieux. En cas de litiges, je me sens ainsi « protégé » puisque les conseils viennent directement d’eux ! S’ils ne sont pas contents cela veut dire qu’ils devront se remettre en cause eux-mêmes.

Article de Céline Schmink

Cela vous est arrivé ! Karine, 35 ans, témoigne :

En 2002, j’ai été employée comme assistante dans une structure associative indépendante mais en majeure partie subventionnée par une mairie. Les membres du bureau étaient donc presque tous issus de la mairie, qui nous avait d’ailleurs fourni les locaux.

« Inconsciemment je pris la défense du plus faible… »

J’avais deux supérieurs. L’une occupait la fonction de psychologue et directrice, l’autre celui d’éducateur. L’accueil a été anormalement chaleureux. Je crois maintenant que tous les deux essayaient de me gagner à leur cause. Puis très vite, au bout d’un mois et demi, les problèmes sont apparus. Le supérieur psychologue ne cessait de répéter que l’autre n’était « qu’un éducateur » et que décidément c’était un second psychologue qu’il faudrait à sa place.

L’éducateur était plutôt « cool » dans son travail, bien que très compétent, avec un fort sens du relationnel. La directrice était, quant à elle, totalement dans le pouvoir et dans l’expression directe du pouvoir auprès de ses salariés. Elle ne supportait pas bien les hommes et avait du mal à collaborer avec eux. Elle avoua, un jour de déprime, que l’image qu’elle avait de son propre père était affligeante… En attendant, elle me demandait de faire des choses, l’autre me demandait l’inverse, non pour me blesser directement mais pour prendre le pouvoir sur elle et pouvoir valoriser ses idées auprès des membres du bureau dont l’avis semblait définitivement prioritaire sur tout le reste. Bientôt la directrice me demanda d’espionner son collaborateur, de le suivre et même de tout noter dans l’agenda (y compris la durée des pauses toilettes !). Cela tournait à l’obsession. Lui, n’hésitait pas à dire à tous ceux qui voulaient l’entendre à quel point il souffrait de cette situation : « Untel m’a fait beaucoup de mal… » Il pleurait auprès des visiteurs. Bref, la situation était ingérable. Lorsque la Directrice me demanda d’accuser devant le bureau son collègue de tous les maux, je restai impassible. J’avais choisi de rester neutre mais elle me poussa à bout en étant violente et cassante dans ses propos. Finalement je pris – et c’est naturel – la défense du plus sympa et bien sûr de celui que je trouvais le plus « faible » dans cette situation.

Les rares employés engagés finirent par rendre leur tablier…

Les choses se mirent à empirer. Le collaborateur fut « viré » sous prétexte d’une faute professionnelle grave inventée de toutes pièces tant les membres du bureau craignaient les colères de la Directrice. Nous nous retrouvions donc à gérer toutes les deux la structure pendant 3 ou 4 mois. Et là ce fut la catastrophe. Elle avait vraiment besoin de torturer quelqu’un et comme il ne restait que moi… Le peu d’employés qui furent engagés (stagiaires, femme de ménage) finirent par se disputer avec elle et à rendre leur tablier. J’étais psychologiquement épuisée, n’ayant plus l’impression d’aider et d’écouter les gens (ma mission première) étant moi-même moralement dans un état déplorable… J’en référais alors aux membres du bureau. Elle fut convoquée et remise à sa place mais très vite elle commença alors à se plaindre de moi auprès d’eux. Comme j’étais moralement faible je commençai à avoir de nombreuses absences. Mon médecin voulut même me prescrire des antidépresseurs que je ne pris pas car j’ai la conviction que les médicaments de ce type ne sont que des leurres. Quand les membres du bureau, lassés, finirent par me considérer comme une « faible », une fille dépressive qui ne supporte pas la critique, je décidai de réagir.

« J’avais mis mon pouvoir de décision en action: cette femme serait pas gagnante! »

Cette femme ne serait pas gagnante et elle ne me pourrirait plus la vie. Je fonçais chez un psychologue avec qui je fis le point sur mes divers talents (dessin, photographie, sens du relationnel et de la communication) mais aussi sur mes envies (écrire davantage, reprendre des études plus intellectuelles). Puis il m’aida à déterminer une stratégie. Cette femme me dévalorisait depuis 6 mois et semblait gagner en force quand moi je m’affaiblissais. Quand je craquais moralement, quand je lui parlais gentiment ou méchamment, rien n’y faisait. Il fallait trouver son point sensible pour qu’elle me lâche enfin et surtout le psychologue m’avait indiqué que je devais absolument retrouver ma confiance en moi. Son point faible était, d’après mon psy, l’orgueil. Elle ne supporterait pas le fait que je veuille m’élever intellectuellement et que je lui démontre, en plus, que j’en étais capable et que cela n’était pas une lubie. Le fait d’avoir contacté les membres du bureau ne m’avait pas aidé, c’était pire qu’avant. Je décidais alors de reprendre des études et de le faire savoir à ma Directrice. Je laissais négligemment trainer mon dossier d’inscription de la faculté (une faculté à 400 kms de chez moi…) sur le bureau. Elle commença à croire que je voulais partir et commença à se calmer un peu. Puis je commençais à passer toutes mes pauses déjeuners au bureau à lire de nombreux ouvrages qui m’aideraient pour mes nouvelles études. Il va sans dire que d’un seul coup elle fut prise de panique, se disant qu’elle perdrait toute crédibilité auprès des membres du bureau si je démissionnais moi aussi. Mais j’allais alors plus loin : je refusais la formation qu’elle me proposait sous prétexte que je comptais obtenir un bien meilleur diplôme pour accéder à un poste bien plus important! C’est elle qui commença alors à déprimer. Je lui dis ouvertement que le diplôme choisi était considéré comme « la voie royale » pour faire carrière dans de nombreux domaines prestigieux. J’étais allée un peu loin mais au moins elle commençait à me prendre au sérieux. Puis comme cela fonctionnait bien je commençais à me rendre à toutes sortes de conférences dans le but de me changer les idées. Je fis de belles rencontres et toutes m’encouragèrent à ne voir cette étape que comme un passage initiatique pour « aller plus haut », une étape à franchir. Quelques mois plus tard, très épanouie de mes nouvelles études et de mes nouveaux projets, je passais un entretien « d’entrainement » dans une grande structure .Je décrochais un poste mieux payé, qui correspondait davantage à mes attentes et qui, en plus, me laissait mes matinées pour travailler mes cours à la bibliothèque. Elle fut très vexée lorsque j’annonçais mon départ. Elle exigea une preuve d’embauche ailleurs (selon ce qui était préconisé avec mon type de contrat). Quand elle vit que j’étais engagée dans cette grosse structure, elle fit une crise de jalousie en disant que c’était « une honte » d’engager des gens comme moi dans le public (elle-même n’était pas arrivée à trouver un poste dans ladite grosse structure, ce qu’elle désirait, je le sus plus tard).

Je ne dis pas que ce que j’ai vécu est idéal. Résister m’a valu de nombreux maux (fatigue, stress.) mais au moins j’ai atteint mon objectif de ne pas démissionner sans un autre poste obtenu. Après mon départ elle resta en poste un an puis fut priée de démissionner à son tour. Ses nombreuses fautes furent pointées du doigt et la démission de tous les employés ajouta à ses « charges ». Petite anecdote : pour pouvoir la licencier les fameux membres du bureau me contactèrent pour avoir mon témoignage contre elle ! Eux qui ne m’avaient jamais aidée mais même pire enfoncée, demandaient maintenant mon aide pour les débarrasser d’elle définitivement ! Bien entendu, je refusais car j’étais alors enceinte de 6 mois et je ne comptais pas me stresser pour eux. Le passé étant alors pour moi loin derrière. Je crois qu’en cas de souffrance morale de ce type, il est judicieux de se recentrer sur soi-même. Il faut savoir lâcher prise et accepter tout ce qui est bon à rebooster sa confiance en soi.

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