Ces prestataires de services qui échoueront toujours !

On ne s’improvise pas créateur d’entreprise ou auto-entrepreneur. Parfois l’expertise (si elle est réelle…) ne suffit pas! La France est l’un de ces pays où il est facile d’entreprendre mais plus facile encore d’échouer par la suite et de déposer le bilan très rapidement. Les principaux défauts des entrepreneurs: un sens du devoir trop peu développé, un respect des délais trop fluctuant et la plupart du temps un sens de la clientèle médiocre. Explications.

J’ai crée ma première société à 22 ans. Il s’agissait d’une petite agence de communication de proximité basée près de la place de la Nation à Paris. BTS de Communication en poche, j’ai effectué un cursus dans une école d’infographie prestigieuse de la capitale. Autant dire que je connaissais très bien mon métier et que je savais dans quoi je m’engageais en suivant une voie créative. Au bout de quelques années j’ai rendu mon tablier: je travaillais 18 heures par jour et j’étais écrasée de charges diverses et variées comme peut l’être l’entrepreneur sur le sol français. J’ai fini par trouver un emploi salarié avant de replonger en créant ma société d’édition quelques années plus tard.

je garde un bon souvenir de mes clients dont certains, nostalgiques et dégoutés des collaborations qui ont suivi, reviennent régulièrement vers moi pour voir si « c’est quand même pas possible un petit dossier de presse même si tu ne fais plus ça ? » … Ce genre de demande se passent de commentaires: après moi, hélas, ils n’ont pas été satisfaits ! Pourquoi, comment, par quel mystère ? Cela peut paraître prétentieux mais maintenant que je fais moi aussi appel à des sociétés de service pour la promotion et la diffusion de mes livres et créations (qu’elles soient chantées, écrites ou dansées) je comprends profondément leur désarroi. Dès que je fais appel à une entreprise française je me promets à moi-même de ne pas recommencer. Le pire étant que je pourrais tout faire moi-même de par mon ancien cursus d’infographiste-illustratrice-rédactrice mais que j’aime « décloisonner » mon travail, faire appel à d’autres etc. Ce n’est pas de la philanthropie, c’est juste que je considère qu’on ne peut pas tout faire et que parfois la prise de recul est nécessaire. Venons-en au sujet. Voici pourquoi certains entrepreneurs ne réussiront JA-MAIS !

1. Le manque d’expertise

Il est prouvé que lorsqu’on change radicalement de secteur (ex: la boulangère qui décide de devenir chargée de communication) il faut 10 ans pour acquérir et maitriser tous les aspects de sa nouvelle expertise. Cela veut dire qu’à moins de choisir un secteur dans lequel vous avez été salarié auparavant au moins 10 ans, en France je précise (cela ne vaut pas si vous avez fait vos classes aux USA, là comptez seulement 3 ans car l’efficacité et le sens du devoir de l’entrepreneur y sont nettement plus développés qu’ici) vous serez « débutant » vos 10 premières années d’entreprenariat. pendant 10 ans vous vous ferez la main sur des clients qui eux attendent une réelle expertise. Lourd challenge. Si vous avez bossé en agence de publicité ces 10 dernières années et que vous ouvrez maintenant votre propre agence, vous avez moins de tracas à vous faire, sauf si vous pensez qu’il est infiniment plus facile d’être à son compte que d’être salarié et que vous choisissez la voie du solo pour « vous la couler douce ». Là c’est raté, croyez-moi ! Si je fais appel à un imprimeur par exemple pour imprimer ma couverture de livre et qu’il me remet des couvertures imprimées de travers et mal découpées et que je dois repasser derrière lui alors que j’ai payé le prix fort je n’ai vraiment pas l’impression d’être face à un professionnel. Même si le type me dit qu’il a dirigé la plus grosse imprimerie d’Europe j’aurai de gros doutes. Vous voyez ce que je veux dire. C’est un peu comme si le pizzaiolo me faisait payer pour une pizza crue que je doive ensuite me débrouiller de faire cuire à la maison. Où est l’expertise si  c’est moi qui fait le boulot en majeure partie ? Les gens qui affichent une expertise alors qu’ils ne la possèdent pas ne réussiront jamais. Pourquoi ? Parce qu’ils dupent le client tout simplement. Et l’Univers n’aime pas ça (la clientèle non plus d’ailleurs!). Présenter une expertise que l’on ne possède pas c’est aller droit au dépôt de bilan !

2. Un sens du devoir peu élevé

Lorsque j’écris un livre ou que je travaille une chanson, que je prépare un concert (même si c’est dans une petite salle avec peu de monde), je mets un point d’honneur à fournir un travail ou une prestation le plus pro possible. Bien-sûr, comme tout ce qui est humain, il est possible d’échouer, de ne pas être en forme, d’être malade ce jour là. Peu importe du moment que vous avez mis toutes les chances de réussite de votre côté! Si vous vous investissez à 200% dans le projet du client, il le ressent forcément et est plus apte à fermer les yeux sur un petit détail qui clocherait en dernière minute. L’entrepreneur qui n’a pas un sens du devoir élevé va droit au dépôt de bilan! Tout ce qu’il voit c’est le moment où on lui signe un chèque et, d’un seul coup, comme par magie, le travail  à effectuer pour l’autre devient beaucoup moins urgent… Une fois son acompte en main, il se met à glander, faisant passer les travaux qu’il préfère avant ou procrastinant même. Franchement lorsqu’un prestataire ouvre sa boutique un jour férié pour me faire signer un gros chèque mais qu’il se plaint ensuite de devoir rendre le travail un samedi matin alors que c’est « son seul jour de congé », soit je lui dis clairement ce que je pense de ses méthodes, soit (si je suis trop énervée) je ne dis rien mais je le raye de mon répertoire ad vitam aeternam. Avoir un sens du devoir élevé c’est satisfaire le client avec efficacité et qualité DANS LES TEMPS ! Vous devez gérer le projet comme si c’était le vôtre, peu importe si vous le trouvez bancal ou débile personnellement (cela bien-sur vous le gardez pour vous!).

3. Le non respect des délais

Cela est le pire. Lorsque vous devez communiquer sur un évènement ou un produit vous devez avoir le produit et tous les éléments nécessaires à sa promotion en main rapidement. Si la personne en face est talentueuse mais ne se soucie pas de VOS délais, elle vous met dans une situation périlleuse. Or le bon entrepreneur sait qu’il ne doit jamais mettre le client dans une situation d’équilibre précaire (ou dans la m… tout court!)

4. Toujours une bonne raison de glander ou de rendre un travail mal fait

Prenons un petit exemple: j’ai commandé un livre et l’imprimeur qui n’a pas re-vérifié les fichiers comme il me l’avait promis le jour où j’ai signé son chèque (« pas de soucis, j’ai l’habitude, tout roule ») a laissé 3 pages vierges à la fin du bouquin. Connaissant les lecteurs et les gens qui vont consulter le livre sur stands je sais déjà quelle sera leur réaction: « Oh il y a 3 pages blanches à la fin? Votre livre n’était pas assez épais? » Lorque je le fais gentiment remarqué à l’imprimeur, voici sa réponse: « Ah oui j’avais remarqué mais ce n’est pas grave! Au contraire! ça leur fait des pages blanches pour prendre des notes ». C’est un peu comme si la coiffeuse vous rasait le crâne « par erreur » alors que vous voulez un balayage et qu’elle vous dise ensuite: « mais au contraire c’est très bien, ils annoncent de la canicule, vous aurez moins chaud sur la plage cet été! » Lorsqu’un commerçant attend que vous le remerciez pour ses erreurs et manquements divers et variés, fuyez !

5. Une frustration ou une jalousie face aux projets de l’autre

Cette situation est selon moi assez courante. Vous avez un joli projet et vous souhaitez le concrétiser. Pour moi les projets sont souvent des disques ou des livres donc je vais reprendre ces exemples. Imaginez, je me rends chez un nouvel imprimeur et il jette un œil à ma maquette et commence à s’exclamer: « Ah! Vous faites du polar! Mais vous savez le polar c’est très particulier! Il faut avoir été flic pour faire du polar! Faut pas être une demoisellle en jupons pour écrire ce genre de littérature. Le polar je vous le déconseille! Moi je veux bien imprimer mais c’est pas vous aider etc. etc. » Ce que l’imprimeur omet peut-être de vous dire c’est qu’il s’est risqué il y a quelques années à cet art et s’est fait refoulé par une maison d’édition. Son ego est imédiatement froissé lorsqu’il voit quelqu’un se lancer dans un projet que lui a abandonné par peur de la médiocrité (ou du ridicule…) Lorsqu’un commerçant juge votre production alors que son rôle n’est que d’exécuter, fuyez ! Il n’a pas le sens des priorités du tout, du tout !

6. Une frustration ou une jalousie face au statut de l’autre

Autre exemple assez proche. Récemment je me rends chez un arrangeur pour une de mes chansons. L’homme ne travaille pas la musique à plein temps, c’est plutôt un passe-temps (bien qu’il se présente comme un professionnel sur le web…. ) et est très frustré de voir des musiciens vivre de leur art « à temps plein », ce qu’il aurait pu faire (nus sommes en pays libre me semble-t-il) s’il n’avait pas eu cette crainte récurrente de manquer d’argent qui lui a fait adopter un job alimentaire. Sa réaction face à quelqu’un comme moi: « Ah et vous faites quoi d’autre comme métier ? Rien ? Ah bon… Parce que c’est dur voir impossible de vivre de son art » Moi: « Cela fait 23 ans que je vis de mon art sans soucis ». Lui: « Alors là, laissez moi vous dire que cette musique a un problème, sans vouloir vous vexer et patati et patata… » Il est très pénible de travailler avec des gens que votre statut (d’entrepreneur, d’artiste à temps plein, de femme au foyer qui se lance dans l’entrepreunariat) frustre ou rend jaloux. Moi perso face à ce cas, je passe TOUJOURS mon chemin ! Et parfois, si le type est vraiment très atteint, je fais aussi une petit prière en sa faveur à Sainte Rita ! :)

7. Un sens de la relation client déplorable

Laissez moi vous compter l’un de mes rendez-vous professionnels. Comme l’une de mes productions était en retard et qu’il me fallait un produit fini pour un salon, je me rends chez un fabricant de proximité. Je lui explique la situation: j’ai commandé une grande série de produits mais elle n’arrivera pas à temps, il me faut donc une série limitée très rapidement. Bien-sûr le type m’assure de sa rapidité de service, se dit professionnel de la spécialité demandée etc. Je passe la commande, je paye et le temps passe. Bientôt nous sommes à une semaine du salon où je dois présenter le produit et toujours rien! Quand je téléphone le type est fuyant, se plaint d’être malade, d’avoir mal aux cheveux, aux pieds, aux mains, d’avoir des crédits sur le dos, me décrit très négativement la vie de chef d’entreprise alors que tout ce que je veux ce sont les produits que j’ai payé et qui devraient déjà être là… Il me propose de passer chez lui pour enfin lancer la production prétextant qu’il vaut mieux que je vois un échantillon avant. J’y vais une fois, deux fois, trois fois. A ce rythme je me ruine en essence. Finalement comme je m’en doutais fortement en voyant le type: le travail est bâclé, à peine exploitable pour moi. Il m’a prise pour un lapin de six semaines. Je dois repasser derrière. En plus quand je me plains il me dit que tout est de ma faute, que j’avais qu’à mieux expliquer ce que je voulais etc. Puis il commence à me prendre la tête sur « la vie d’artiste » (c’est assez récurrent!), que je ferais mieux de me trouver un bon petit job tranquille. Puis le voilà qui se met à juger mon mari (qu’il a entrevu une seule fois), à me prédire la fin de mon couple si je n’arrête pas mes « conneries artistiques ». Enfin il se plaint qu’à cause de sa boite et des clientes comme moi il ne peut jamais partir en vacances avec sa nana (qui tient la caisse et est fort désagréable). A ce stade je sors les kleenex pour pleurer avec lui! ;)  En gros vous payez et en échange vous recevez: 1) Des prédictions bidons dignes de Madame Irma de Barbès. 2) Des critiques non constructives 3) Des jugements personnels non pertinents 4) des conseils (dont vous vous passeriez bien) mais absolument pas le produit commandé ! Lorsqu’on est ignoble avec le client une fois le chèque encaissé, le client vous fait une réputation d’enfer et surtout ne risque pas de revenir. C’est forcément du « one shot » mon gars !

8. Du copinage pour cacher la médiocrité

Cela est très courant aussi. L’entrepreneur sait que son expertise est médiocre alors il va tabler sur le sens de l’humour ou sur la personnalité. C’est le prestataire de service « bon copain ». Il vous tutoie à tout va, vous invite à prendre l’apéro (surtout quand vous venez lui dire que le travail fourni est nul!) etc. Le jour où vous lui dites clairement que vous vous fichez des tutoiemenst et que vous préféreriez de loin une profession professionnelle il vous sort des arguments du genre: « Très bien, je vais te vouvoyiez et te traiter comme une cliente normal si c’est ce que tu veux. Tu paieras donc désormais le même pri que Madame Tout le monde désormais » Cette réflexion n’est vraiment pas maline car elle prouve que le type adapte ses tarifs « à la gueule du client »… Passez vite votre chemin! En général, ne copinez pas avec vos prestataire s de services, c’est la meilleure façon de passer en dernier!

 

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Une réponse à Ces prestataires de services qui échoueront toujours !

  1. cindy dit :

    « C’est le prestataire de service « bon copain ». Il vous tutoie à tout va, vous invite à prendre l’apéro (surtout quand vous venez lui dire que le travail fourni est nul!) etc. »

    Ahahahah!!! Je viens de vivre la même chose il y a deux jours avec mon artisan. Il voit que je suis jeune alors il se permet certaines réflexion et quand j’ai mis les points sur les i j’ai eu droit à une invitation à boire un verre, que j’ai gentiment refusée.

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